Présentation du fonds
par : Cécile BRAILLON-CHANTRAINE

Le fonds d’archives littéraire de Carlos Denis Molina, déposé à la bibliothèque universitaire de Lille3 [1], est exceptionnel de par son importance et sa richesse, ce qui laisse d’ailleurs supposer que l’écrivain avait anticipé de son vivant le destin posthume de son œuvre. Il se compose non seulement des manuscrits et tapuscrits de l’écrivain mais aussi d’une abondance correspondance, d’une multitude de photos, de coupures de presse dont Carlos Denis Molina est l’auteur pour certaines, de programmes de pièces de théâtre, de dessins et de quelques effets personnels.

Les manuscrits  : il s’agit essentiellement de carnets (une trentaine environ) sur lesquels l’écrivain a rédigé le texte de ses œuvres, parfois simplement en partie. On y trouve aussi les notes éparses qui ont pu servir pour ses œuvres en gestation.

Les tapuscrits : la plupart sont des pièces de théâtre. Parmi celles qui ont été représentées, certaines conservent des annotations de mise en scène. De même, une seule pièce, comme Le Boa, peut faire l’objet de plusieurs tapuscrits dont les textes différent.

Les manuscrits et tapuscrits de Carlos Denis Molina présentent un intérêt évident d’un point de vue génétique : ils retracent d’une part l’itinéraire de création de ses œuvres et dévoilent d’autre part les adaptations de leurs textes à diverses contraintes formelles, telles que la mise en scène. Le tapuscrit le plus remarquable en ce sens est sans doute celui de Morir, tal vez soñar, pièce représentée en 1953 par la Comedia Nacional de Montevideo et dirigée par Orestes Caviglia [2]. Les annotations laissent ainsi supposer que Carlos Denis Molina a assisté aux répétitions ainsi qu’au travail de mise en scène.

La correspondance : Carlos Denis Molina a conservé des courriers personnels de son entourage composé de nombreux artistes uruguayens de l’époque tels que le peintre Tola Invernizzi [3] ainsi que d’écrivains comme Antonio Larreta [4]. On peut également trouver dans cette correspondance des courriers officiels qui permettent de définir les différents moments de sa vie professionnelle.

Les photographies : en grand nombre, elles donnent à voir toutes les étapes de la vie de Carlos Denis Molina, depuis sa jeune adolescence en province jusqu’à ses derniers portraits en passant par les clichés pris lors du montage de ses pièces de théâtre - de celui de Un domingo extraordinario (1958) notamment - et au cours de ses voyages en Europe. Certaines sont remarquables d’un point de vue artistique.

Les coupures de presse : Carlos Denis Molina avait non seulement conservé les articles dont il était l’auteur lorsqu’il était critique de théâtre dans les années quarante et cinquante pour l’hebdomadaire Marcha entre autres, mais aussi de nombreuses critiques de ses propres pièces de théâtre.

Les programmes : le fonds contient une multitude de programmes de pièces de théâtre, à la fois de Carlos Denis Molina et d’autres auteurs.

Les dessins sont en nombre réduit : certains sont de Carlos Denis Molina, d’autres sont de toute évidence des présents faits à l’écrivain. Parmi ces derniers, on remarque la présence d’un portrait de l’auteur.

Portfolio

Programme de la pièce Soñar con ceci trae cola (1983) verso Programme de la pièce Soñar con ceci trae cola (1983) recto Représentation de Orfeo (1951) Programme de la pièce Si el asesino fuera inocente (1956) Programme de la pièce Si el asesino fuera inocente (1956) Verso Programme de la pièce Le boa (Montevideo,1973) Recto Programme de la pièce Le boa (Montevideo, 1973) Verso

Notes

[1] Le fonds d’archives littéraire Carlos Denis Molina, tout comme celui de José Mora Guarnido, fait partie du fonds Alcides Giraldi actuellement en dépôt au SCD de Lille3 depuis juin 2009.

[2] Acteur et metteur en scène de théâtre et de cinéma argentin (1893-1971).

[3] Artiste uruguayen (1918-2001) : sa peinture se caractérise par l’influence de l’expressionnisme allemand et du graffiti.

[4] Scénariste, acteur et auteur de récits uruguayen né en 1922. Il est notamment l’auteur du récit sur la vie de Francisco de Goya, Volaverunt, qui a reçu le prix Planeta en 1980.